IA au Maroc : enjeux, opportunités et besoin d’une stratégie

« L’intelligence artificielle (IA) ne remplacera pas l’humain, mais l’humain qui utilise l’IA surpassera celui qui ne l’exploite pas. » Cette citation, illustrant l’essor incontournable de cette technologie innovante, a marqué l’ouverture de la conférence sur l’intelligence artificielle organisée à Rabat par le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS). L’événement a mis en lumière les enjeux et impacts de l’IA au Maroc, notamment dans trois secteurs stratégiques : l’éducation, la santé et la cybersécurité.
Un retard préoccupant dans l’adoption de l’intelligence artificielle au Maroc
Experts, universitaires et responsables institutionnels ont dressé un état des lieux alarmant : le Maroc accuse un retard significatif en matière de développement de l’intelligence artificielle, et l’absence d’une stratégie nationale claire pourrait freiner sa compétitivité.
L’IA, un moteur de croissance sous-exploité
Bien plus qu’un simple effet de mode, l’intelligence artificielle représente un levier de croissance économique mondial. Selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), présenté par le professeur Achraf Benba, spécialiste en traitement du signal et IA, cette technologie pourrait contribuer à hauteur de 14 % du PIB mondial d’ici 2030, soit 15.700 milliards de dollars.
L’IA pourrait également accélérer la réalisation de 80 % des Objectifs de développement durable (ODD), en particulier dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement durable. Pourtant, en 2024, le Maroc se classe 101? mondial dans l’indice de préparation à l’IA établi par Oxford Insights, se plaçant derrière des pays africains comme l’Île Maurice, l’Égypte, le Kenya et la Tunisie.
Un manque de stratégie malgré des initiatives isolées
« Le problème n’est pas un manque d’engagement, mais l’absence d’une vision stratégique cohérente », souligne le professeur Benba. Malgré la présence d’universités qualifiées et l’ouverture, en 2023, d’un institut spécialisé en intelligence artificielle, ces avancées restent insuffisantes pour positionner le Maroc comme un acteur majeur du numérique.
À l’inverse, des pays comme l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis ont mis en place des stratégies nationales ambitieuses, investissant massivement dans l’IA appliquée aux services publics, à l’économie numérique et à la transformation digitale. Pour rattraper son retard, le Maroc doit impérativement accélérer :
- L’élaboration d’un cadre réglementaire clair sur l’IA et l’éthique numérique
- Le renforcement des partenariats public-privé pour encourager l’innovation et l’investissement technologique
- Le développement de programmes de formation spécialisés pour renforcer les compétences dans l’intelligence artificielle et la data science
Éducation, santé et cybersécurité : trois secteurs clés pour l’IA au Maroc
L’intégration de l’intelligence artificielle dans le secteur éducatif pourrait permettre un apprentissage personnalisé, réduire les inégalités et améliorer l’accès à la connaissance.
Dans le domaine de la santé, l’IA médicale offre des perspectives majeures :
- Optimisation de la gestion des hôpitaux
- Amélioration du diagnostic précoce des maladies
- Développement de la télémédecine et des soins à distance
Enfin, en matière de cybersécurité, l’intelligence artificielle devient essentielle pour contrer la montée des cyberattaques, protéger les données sensibles et sécuriser les systèmes d’information des entreprises et des institutions.
Vers une véritable transformation numérique ?
Le développement de l’intelligence artificielle au Maroc est à un point critique. Si certaines initiatives émergent, seule une stratégie nationale cohérente et volontariste permettra au pays de tirer pleinement profit de cette révolution technologique. Sans une mobilisation rapide, le Maroc risque de rester un spectateur, au lieu de devenir un acteur clé de l’économie numérique mondiale.
Le 03/04/2025
Rédaction de lanouvelletribune
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